Pas un seul pilier
La salle est couverte d'une charpente triangulée de sapin boulonnée tête à tête — des poutres de 25 mètres descendues des massifs de la Chartreuse et du Vercors par chariots à bœufs.

Le prestige architectural
La Brasserie Georges n'est pas qu'une table : c'est un sanctuaire du patrimoine lyonnais. Fondée par Georges Hoffherr sur les anciens marais de Perrache, elle a traversé les révolutions industrielles et les guerres en conservant ses fresques majestueuses et ses lustres colossaux — témoins d'une époque où chaque repas était une cérémonie.
« On y croise les ombres de Verlaine, des frères Lumière et de tous ceux qui ont fait Lyon. »

Jean-Georges Hoffherr, né à Schiltigheim, brassait déjà à Strasbourg — au Sternenberg, puis au Vogelsang — avant de descendre le Rhône. Il ouvre la brasserie sur les anciens marais de Perrache : une salle unique de 710 m² couverte d'une seule portée, soutenue par trois immenses poutres de sapin.

Hoffherr n'est pas un cas isolé : entre 1830 et 1870, plus d'un brasseur lyonnais sur cinq vient d'Alsace — près d'un sur trois après 1870. Il en devient la figure de proue, et fonde un clan où entrent les familles Umdenstock et Lutzius.

L'ouverture de la gare place la brasserie au carrefour des voyageurs — une position qu'elle n'a jamais quittée.

Après le fondateur, son gendre Mathieu Umdenstock reprend la maison et essaime les grandes brasseries lyonnaises.

Refonte complète dans le style Art Déco : lustres majestueux et fresques du plafond peintes par Bruno Francisque Guillermin — la Moisson, les Vendanges, l'Eau et la Bière.

La Georges fête ses cent ans, déjà institution lyonnaise.

Christian Lameloise reprend la brasserie ; Jacky Gallmann en prend la direction pour plus de vingt ans.

Après 65 ans d'interruption, le brassage reprend sur place : 625 hl de Pils, Blonde et Brune dès la première année.

Grande campagne de rénovation et restauration des fresques du plafond, rendues à leur éclat d'origine.

3 245 couverts servis le 8 décembre, lors de la Fête des Lumières — un record qui dit l'échelle du lieu.

Cent quatre-vingts jours de célébration pour cent quatre-vingts ans d'histoire.

Les records
Année de fondation
Près de deux siècles de bonne bière et de bonne chère.
D'une seule portée
Le plafond de la grande salle, sans pilier, classé au patrimoine vivant de Lyon.
Omelette norvégienne
Couverts en un jour
D'après l'Inventaire général du patrimoine culturel Auvergne-Rhône-Alpes
Ce que les habitués eux-mêmes ne voient pas toujours : la Georges est un dossier d'inventaire à ciel ouvert, du fronton au comptoir.
La salle est couverte d'une charpente triangulée de sapin boulonnée tête à tête — des poutres de 25 mètres descendues des massifs de la Chartreuse et du Vercors par chariots à bœufs.
Au centre du fronton, un médaillon polychrome représente Gambrinus, roi légendaire de la bière, entre pilastres corinthiens, têtes de lion et tonneaux en acrotères.
Les murs mêlent les marbres de Sarrancolin, le violet de Brignoles, le rose de la Mayenne, Valence et le Jura — une géographie française en revêtement.
Vendanges et récolte du houblon, enfants jouant aux tonneaux : un cycle sculpté complet, recensé pièce à pièce par l'Inventaire du patrimoine.
Les lambris du comptoir portent la date de la fondation et celle du 160ᵉ anniversaire — qui a remplacé le « 1936 » du centenaire.
La Georges compte parmi les tout premiers établissements lyonnais passés à la lumière électrique, aux côtés d'Antoine Lumière, le père des inventeurs du cinéma.
Petites histoires d'archives
1857
Alphonse de Lamartine, poète et habitué désargenté, laisse une ardoise de 40 francs — jamais réglée, précieusement conservée.
1876
Le peintre Johan Barthold Jongkind croque la salle à l'aquarelle… sur un menu. L'original est aujourd'hui au musée des Beaux-Arts de Lyon.
1890
Les chaises paillées cèdent la place aux banquettes de moleskine rouge — celles-là mêmes qui donnent à la salle son allure de paquebot.
« Bonne bière et bonne chère, ici tout est sincère. »
Devise historique de la Maison
La signature
Verlaine, les frères Lumière, Saint-Exupéry, Piaf, Jean Moulin… La mémoire de la Maison est aussi gravée dans ses banquettes. Chaque hôte illustre a sa table, numérotée.
Explorer les tables des célébritésPrenez place sous les fresques de Guillermin, à quelques mètres des cuves. Bonne bière et bonne chère, comme depuis 1836.
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30 cours de Verdun, 69002 Lyon
Gare de Lyon-Perrache · Métro A · Tram T1 & T2
Ouvert 7 jours sur 7 · 11h30 – 23h00